vendredi, 20 juin 2008
ode à Choucas
J’ai beau me la jouer femme libérée, indépendante, insoumise, sans mon Choucas, ma vie ressemblerait à un melon de début de saison : remplie, prometteuse, gorgée de pulpe mais sans aucun goût…(je me suis faite avoir plusieurs fois cette année, je déteste les melons sans goût…).
Déjà, Choucas, il a le don de me mettre hors de moi. Pour toutes ces choses qui m’exaspèrent mais qu’il n’a pas l’air de vouloir intégrer : donner un yaourt périmé à Chouquette, me prévenir au dernier moment que je vais passer mon dimanche toute seule avec Chouquette parce qu’il a une compétition de vélo, parce qu’il fait du vélo, parce que son téléphone sonne toute la sainte journée, parce qu’il écoute David Guetta (ouais… hard life, hein ?), parce que jamais il s’énerve (et que ça m’énerve), parce qu’il persiste à acheter des jeans Diesel dans les ventes privées et que les coupes sont vraiment, mais alors vraiment trop 90’s…
Mais mon Choucas, c’est aussi quelqu’un qui sait se taire quand je me décide à chausser mes 10 cm pour aller A PIEDS au restaurant, distant de 900m, qui sait ralentir et me demander régulièrement si je veux pas qu’on fasse une pause, sans se moquer, sans ricaner, un gentleman quoi…
Choucas, c’est l’homme qui me voit revenir de mes virées shopping, chaque doigt de chaque main occupé par un sac, chaque doigt de chaque pied occupé par une ampoule (de vrais lustres), le porte feuille qui dégueule de tickets CB et qui va me dire : tu me montres ?
Choucas c’est l’homme qui va écouter en boucle The last Shadows Puppets parce qu’il n’aura pas le choix et qui va me répondre inlassablement « oui » au dixième « c’est bien, hein ? ».
Choucas c’est l’homme qui va se farcir les mémoires d’Henri de Monfreid parce que je lui aurais offert ce pavé pour Noël, consciencieusement, il mettra un an à le lire, mais il le lira…
Choucas c’est l’homme qui laisse les effluves de son parfum sur la ceinture de sécurité de ma voiture pour que je pense à lui quand je pars loin.
Choucas c’est l’homme qui va lire une histoire à Chouquette le soir, avant qu’elle ne s’endorme pendant que je blogue… en parfaite mère ingrate que je suis.
Enfin, Choucas, c’est l’homme qui va avoir pitié de moi lorsque je passe mes soirées à exercer la dextérité de mes petits doigts boudinés afin de réaliser mes grigris et qui, alors que je m’apprête à partir en we loin, très loin seule avec Chouquette, laisse sur le siège de la voiture un paquet avec ça à l’intérieur :
Le Dinh Van.
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samedi, 07 juin 2008
mondanités...
Or, il est une race particulièrement tenace ici, à Déprimeland, ce sont bien les mondains. Ceux qui se regardent dans le blanc de la catégorie Socio-Professionnelle, dans le nombre de carats, dans la marque du 4X4, dans la particule, dans la connerie j’ai envie de dire.
Après m’y être frottée et piquée, au bout de quelques années de pratique intensive de cet exercice, j’ai fait mon coming out, j’ai envoyé valsé le carnet d’adresses et, tel un grand ménage de printemps, j’ai remisé les snobinards fils-à-Papa au find fond de la benne, direction le vide grenier.
Refus systématique de toute invitation puant l’hypocrisie, je suis devenue la spécialiste de l’excuse bidon, de l’imagination débordante « zut ! c’est dommage, j’ai un anniversaire ce samedi… », de la mauvaise foi : « ah mais non, j’ai jamais eu ton message… enfin, tu sais, la messagerie Bouygues, en ce moment, ça marche pas super bien… ».
Jamais je n’ai flanché devant le regard implorant de Choucas ni devant son don de persuasion qui s’est affaibli jusqu’à disparaître totalement le jour où, devant mon refus d’assister à un mariage où il y aurait « tout le gratin » je lui ai répondu « le gratin de quoi ?... de nouilles ? ». Fin de la partie, espoir anéanti, on remballe ses boutons de manchette et on fait une croix sur la frime.
Mais cette porte qui s’est refermée sur une certaine catégorie de personnes finalement pas si fréquentables, a permis d’en ouvrir une autre à ceux qui ont remplacé l’arbre généalogique hypertrophié par une générosité gratuite, ceux qui arrivent à l’heure de l’apéro avec un bouquet de fleurs du jardin (et pas une composition florale ridiculement affreuse et sans âme), ceux pour qui on a tout simplement de l’affection.
Seulement, c’est toujours au moment où l’on pense s’être fait oublier qu’ils se rappellent à notre bon souvenir, les mondains. Et, parfois, c’est l’impasse, on est faits comme des rats, on ne peut plus y échapper, il faut RENDRE LES INVITATIONS. En croisant les doigts pour que la date proposée ne colle pas. Hélas ! il est des fois où elle colle, elle s’englue, elle se scotche, elle est comme le bout de sparadrap dans Tintin, elle nous lâche pas.
Alors, je me mets en mode pilotage automatique, en mode plongée en apnée (on retient sa respiration et on compte les minutes). Et j’observe, je dissèque les comportements, les discussions, j’analyse, je deviens une anthropologue du snobisme.
Moi, l’ovni féministe qui n’a jamais voulu lâcher son métier pour élever sa chouquette, je me retrouve au beau milieu de ces « femmes de », je ne vois que leur maigreur nourrie aux tomates cerises à l’apéro et à leur refus du dessert, parce qu’il faut bien retenir son mari par quelque chose et comme ce sera pas par leur conversation… ouh, je deviens méchante là, non ?
J’écoute sans entendre les derniers potins, leur nourriture spirituelle en quelque sorte, parce qu’il faut bien se nourrir de quelque chose et le malheur des autres a cela de bourratif qu’il est croustillant.
Je donne mes recettes de cuisine en me demandant intérieurement pourquoi elles les demandent pas à Choucas qui les connaît aussi bien que moi.
Et, quand vient l’heure de se quitter, je les raccompagne à la porte en opinant de la tête devant leur « on devrait se voir plus souvent » tout en me disant qu’une fois l’an c’est déjà bien assez, je les vois monter dans leur 4X4 qui roulera sur une route parfaitement bitumée jusqu’à leur propriété loin de tout, loin de la vie, loin des futilités, et je leur fais un signe de la main en les regardant s’éloigner avec comme triste conclusion que, malgré tout, je crois que j’ai pitié.
Voilà, je me rends compte que ce billet est bien moins léger que ce que je voulais en faire, zut zut zut. Et puis, j’avais pris la photo de mon équipement d’espionne, c’est-à-dire la petite robe noire, le chignon de danseuse, les talons et l’œil fardé. Alors hop ! je vous les mets quand même, et promis, le prochain billet (celui que j’écrirais dans 3 mois si je continue sur mon rythme de grosse feignâsse, ah ! je peux me moquer, hein… je suis pas mieux finalement…) sera bien plus poilant et bien moins psycho de fille que celui-ci !
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jeudi, 24 avril 2008
et si on tombait le masque?
Parce que moi, la mode, il me faut la voir portée avant de m’en convaincre, comme St Thomas, je ne crois que ce que je vois et décortiquer un défilé 8 mois avant la saison limite je trouve que ça relève de la science fiction. Je fais partie de celles qui vont attendre bêtement d’entendre parler d’un bouquin, d’un film ou d’un CD avant d’aller l’acheter… ou le télécharger. Incroyable, non ?
On peut dire que je fais partie du troupeau, de la mouvance de masse (Oh Mon Dieu !)… cela ne veut pas dire pour autant que je ne respecte pas celles et ceux qui scrutent et scannent l’ombre de prémices de début d’amorce d’une MODE.
Je ne fais pas partie de l’ « intelligensia » : sur ma table de chevet, on trouve aussi bien du Murakami que de la Gavalda. Dans mon ipod, se côtoient Coldplay et The Gossip, j’ai autant de plaisir à regarder un Cronenberg qu’un Spielberg. Je ne suis pas dans la place et je n’en ai pas envie. Je laisse le soin du mépris de la popularité à d’autres.
Je fais partie de celles qui matent les jolies silhouettes en rêvant derrière la vitre du bus et me demandant d’où peut venir cette veste démentielle, cette robe au tombé impec, ces chaussures qui vont phagocyter tout le reste de la tenue tellement on ne voit qu’elles…
Une chose est certaine : je suis amoureuse de la sape. Qu’elle soit populaire ou confidentielle, pointue ou vulgarisée, tendance ou pas. Mon style n’en est pas un, un jour je serais demoiselle ingénue, le lendemain masculine féminine, le surlendemain sportswear. L’inconstance, c’est ce qui me fait kiffer, avancer, rêver, planer. Je côtoie suffisamment l’uniforme pour ne pas en vouloir dans ma garde robe. Des uniformes.
Mais tout cela ne veut pas dire non plus que je vais acheter une pièce parce qu’on la voit à tous les coins de cabine d’essayage. Enfin, pas tout le temps…
ET JE DEPENSE.
Bref.
Mais où veut-elle en venir, bon sang de bois, hip !, c’est Rhett ! (que celle qui devinera à qui je fais allusion se désigne sur le champ) ?
Là où je veux en venir, c’est que je peux aussi bien tomber en arrêt devant une silhouette de la rue que devant un personnage dans un film.
La semaine dernière, j’ai vu « Breaking and Entering » qui doit bien dater d’il y a 3 ans (pour vous donner une idée de mon niveau d’avant-gardisme…), et qui squattait quelques Mo dans mon disque dur.
J’ai aimé. Des acteurs qu’on a envie de croire, des sentiments qu’on ne connaît que trop, l’histoire d’un couple qui tourne en rond, une relation adultérine qu’on ne juge pas, que l’on a envie d’excuser. Un grand coup de pied dans toutes ces idées écoeurantes qui veulent justifier le racisme (oui, oui, on peut en trouver à foison), mettre le bordel chez les bien-pensants, les faire douter et finir par les convaincre.
Et Jude law…soupir…
Et Robin Wright Penn… super bien sapée. Enfin, non, justement, pas super bien sapée, tout le contraire, un naturel désarmant, des tenues renversantes de simplicité, de loose attitude. Comme une déco aux influences nordiques. Des teintes mastic, taupe, grises, craie. Le tout assaisoné d’une paire de converse. Coup de foudre. Envie de reproduire. Parce que je suis ainsi, que je ne suis qu’une usurpatrice et qu’avec tout ce que j’accumule, au fil des ans, je peux trouver matière.
Alors voilà.
Voilà une silhouette de 4 ans d’âge, intemporelle, et que, pourtant j’aurais déniché dans une enseigne cheap…
Et puis, comme il pleuvait, hier à Déprimeland, j’ai bien été obligée de l’accessoiriser d’un trench (mon tout premier) et de mon foulard que, je tiens à préciser, je n’ai pas acheté pour son taux de succès dans la blogo, mais bien parce que je l’aime.
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mercredi, 26 mars 2008
bilan post apocalyptique
Mais tous les ans, c’est la même chose : je culpabilise, je me flagelle, je regrette.
Et puis cette année, on n’aura pas fait les choses à moitié : 4 enfants à la maison et autant de poules en chocolat à finir (c’est bien connu, l’estomac d’un enfant a ses limites, surtout quand on a prévu une vingtaine d’œufs en chocolat à cacher dans le jardin… oui, oui, 20 œufs pour 4 enfants… et puis des gros, hein), des copains qui se radinent avec leur contribution calorique (j’ai nommé Champagne, mon ami) et un temps froid et aussi pluvieux qu’un jour d’hiver à Saint Pierre et Miquelon qui ne permet rien d’autre qu’une bonne grosse siestâsse pour éliminer tout ça.
On fait les comptes : je multiplie par 5, je retiens 2… et résultat : je suis comme Mariah Carey dans une robe Dolce et Gabbana : boudinée.
Mon corps réclame du régime vapeur à grands cris, mes jeans implorent ma pitié, mes collants testent leur limite d’élasticité, et mes joues me font ressembler à un pruneau tout fripé quand je souris.
Il n’y a guère que mes pyjamas qui mouftent pas, qui me laissent tranquille, qui ne se rappellent pas à mon bon souvenir de sveltitude. Limite si j’entends pas les kilos en trop tomber au fond de mon estomac avec le bruit d’une caisse enregistreuse.
Alors d’accord, je veux bien tenter l’aventure du régime, déclarer ouverte la guerre aux bourrelets, faire ma Don Quichotte des calories, mais avant, QUI va terminer ça ?
Parce que c’est pas le tout de prendre de bonnes résolutions, encore faut-il ne pas être tentée…
Je vous le dis tout net, mes oiseaux, le short ou la mini de cet été ont encore du chemin à faire : c’est pas gagné.
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vendredi, 22 février 2008
envol
Parce qu'aujourd'hui, c'est le départ de celle qui me suit comme mon ombre depuis plus de 2 ans, celle à qui j'ai tendu la main quand, tombée du nid, il lui a fallut trouver un job et que le vent l'a poussée jusqu'à ma porte: ça devait être un vent du sud, porteur de bons moments, chauds et rassurants. Mais le vent tourne, et les meilleurs moments ont toujours une fin.
Elle est arrivée fripée, cassée, brouillon de fille sur qui personne n'avait daigné reposer sa confiance avec ses baskets et son appareil dentaire. Et elle repart flamboyante, belle comme le jour et aussi à l'aise dans ses escarpins qu'une pivoine dans un jardin du mois de mai.
Alors voilà, elle me quitte pour vivre sa vie, loin de Déprimeland, le coffre de sa voiture rempli d'espoirs aussi grands que son courage, dans sa poche, les clés de son premier studio (ah! le premier studio aussi spacieux qu'une boite à chaussures avec la douche dans le placard et le lit sur la mezzanine, je m'en souviens comme si c'était hier et pourtant, je m'étais jurée de tenter de l'oublier aussi vite que je m'en étais débarrassée, mais les souvenirs les plus ingrats sont aussi les plus tenaces), dans sa tête les rêves les plus romantiques d'une vie meilleure que celle dont elle avait hérité.
Elle me quitte et je me surprends à être surprise d'autant d'émotion. Après tout, c'est comme ça.
Ce midi, je l'ai invitée au restau. Pour fêter son dernier jour. C'était un restau tahitien, il y avait des colliers d'hibiscus partout, le son du tamouré qui accompagnait les chants de la serveuse gaie comme un si bémol et pourtant, j'étais pas à la fête quand elle a ouvert son paquet cadeau avec ses jolies tasses pour son petit déjeuner (parce qu'il va vous falloir de la vaisselle dans votre nouvelle vie), le silence qui ponctuait le "vous allez me manquer" pour permettre à cette fichue boule de resdescendre au fond de la gorge loin, loin du haut, loin des larmes.
Et cette journée! interminable journée et pourtant, j'avais pas envie qu'elle se termine. Parce que c'était la dernière.
Alors lundi, il y aura une nouvelle tête, une remplaçante pour faire son job mais je sais qu'il va m'en falloir du temps avant de ne plus être surprise de son absence le matin, et puis avant de refaire confiance à quelqu'un comme je lui faisais confiance à elle. Une vraie mamie devant le chirurgien qui va lui ôter les varices. Confiante. Aveuglément.
Bon vent demoiselle…
Heureusement qu’il y a les Cesar ce soir, je vais pouvoir trouver une excuse pour pouvoir me répandre en nunucherie humide. Parce que sûr que c’est Marion qui va me servir d’alibi, à moins que les ronchons du comité décident encore une fois de déglamouriser une cérémonie qui, plus ça va, plus devient rasoir. Et décident de récompenser une Catherine Frot (certes douée mais au potentiel glamour pas très élevé. Je suis atrocement terre à terre, mais j’ai pas la mood charitable ce soir).
La photo est du Sartorialist. Parce qu’elle est tellement représentative de la couleur du nuage qui a squatté le haut de mon crâne depuis le début de la journée.
18:45 Publié dans psycho de fille | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 25 novembre 2007
blogothérapie et questionnement
Cette semaine, 2 blogs de qualité ont fermé : Balibulle et Une Chic Fille. Deux blogs que je connais depuis que je traîne mes savates sur la blogo, deux blogs qui m’ont donné envie de créer le mien.
Mon blog, au début, je ne savais pas ce que j’allais en faire, j’y suis allée au feeling, à l’humeur ; mais une chose était sûre, je ne voulais pas y pleurnicher, en faire le reflet de mon mal-être. Non, je voulais, au contraire, en faire un journal de vie optimiste, léger, sucré. Et, même quand le moral était au plus bas, je me forçais à trouver la parade, la pointe d’humour pour enrober la réalité.
Et ça a marché.
Parce que, lorsqu’on ouvre un blog, on ouvre également une fenêtre sur une multitude de vies, d’histoires qui viennent se mêler à la nôtre. On fait des rencontres peut être virtuelles au début, mais qui n’en restent pas moins sincères et qui finissent par devenir réellement chères.
Ma vision de la vie en a été transformée, totalement chamboulée. Je suis devenue imperméable aux critiques, aux coups bas, à la connerie humaine… comme si le simple fait d’allumer mon Mac, de passer chez les « copines » et d’y laisser un commentaire constituait une sorte de bouclier émotionnel.
Et puis, il faut avouer que cela est bien pratique pour l’handicapée des relations humaines que je suis : quand je ne suis pas d’humeur, quand le cafard arrive, il me suffit de couper ma connexion internet et hop ! tout cela disparaît d’un simple clic, nul besoin de se justifier.
Mais, finalement, tout ceci n’est-il pas dangereux, trompeur ? Parce que, inutile de se voiler la face, un blog ne peut qu’être éphémère et ne peut que s’étioler comme une peau de chagrin avec le temps.
Une des raisons invoquées par Balibulle et Une Chic Fille qui les a amenées à tout cesser était le manque d’inspiration et de temps : « mieux vaut ne pas faire que de mal faire ». Un blog peut-il se renouveler constamment, ou, au contraire, la nouveauté disparaît-elle forcément ? Le point commun de ces 2 blogs était qu’ils avaient environ un an d’existence. Se passe-t-il quelque chose, une sorte de déclic qui fait que, au premier anniversaire, les questions se posent ?
Et alors, que se passe-t-il quand on ferme la porte de son blog ? ferme-t-on également celle de la blogosphère ?
Une des premières filles à avoir disparu de la circulation était Isis, dont j’appréciais beaucoup le blog et qui passait me faire un coucou régulièrement sur le mien. Quand elle est partie, cela m’a attristée, énormément et puis, le temps est passé et pfiou ! je l’ai oubliée comme ça, aussi simplement que le fait d’écrire « j’arrête ».
L’autre jour, je confiais à Frifri mes doutes quant au fait d’avoir un blog : toute cette énergie pour, finalement, pas grand chose.
Et pourtant, quel pied quand vous passez me voir, commentez, allez de votre petite histoire, donnez une autre dimension au sujet lancé !
Et si, finalement, la blogothérapie n’était qu’une drogue dont on finit par se passer quand la vie nous rattrape ou quand on décide que cette dope a pris trop de place dans nos vies et qu’il faut recadrer tout ça ?
Oui, je sais, je ne fais que poser des questions, sans y apporter de réponse car je n’en ai pas et, je crois que je veux pas en avoir parce que je sais qu’un jour mon blog s’arrêtera, et pour l’instant, cette idée me fait peur.
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samedi, 17 novembre 2007
question existentielle
Nageuse, je le suis depuis toujours et, à chaque fois que je me pointe à la piscine, je me fais la réflexion qu’il y aurait un bon coup de balai à passer sur les maillots, bonnets et lunettes de natation : du noir, du bleu électrique, du vert criard, parfois même un savant mélange de tout ça qui ne peut que rebuter n’importe quelle amoureuse de bon goût…
J’ai essayé, une fois, d’enfiler une tenue « recherchée » : maillot corail, lunettes corail et bonnet corail. Je me rappelle encore des réflexions des maîtres nageurs qui ne m’ont pas lâchée, et encore plus des triathlons-men venus pour leur entraînement hebdomadaire et qui ne m’ont pas laissé de place dans le couloir de nage des « pros ». Pourtant, niveau endurance, rapidité et technique, sans vouloir me vanter, je n’ai rien à leur envier: ce qui est tout à fait normal quand on pratique la natation intensive depuis l’âge de …. Pfiouyouyou ! 8 ans.
Etrange ce rejet de la modasse dans le monde du sport, une sorte de snobisme à l’envers en quelque sorte.
Je m’étais fait une raison en faisant l’acquisition d’un maillot Stella pour Addidas, certes très joli, mais désespérément « technique » avec les filets sur les côtés pour un maximum d’aération.
Sauf que, au diable la langue de bois, en toute franchise, je ne vois pas du tout l’intérêt d’un maillot « technique ». Un maillot est un maillot, point. Et, ayant essayé toutes les sortes possibles, je peux et je veux témoigner : ce n’est pas parce qu’il y a des filets sur les côtés que ça nous fait aller plus vite.
Bref.
Mon Stella commençant à sentir la fin des haricots (à défaut de sentir le chlore), je me suis mise à la recherche de mon nouveau maillot.
J’ai fini par le trouver en vente privée : Speedo. Qualité irréprochable, tissu épais, bon maintien, rien à dire. J’en avais un l’été dernier qui n’a rien perdu en épaisseur de tissu, donc j’y suis allée les yeux fermés. Et je me suis lâchée. Je l’ai pris blanc.
N’est-ce pas qu’il est beau ?
Le blanc : intemporel, chic, parfait pour ma quête d’allure dans le grand bassin.
Eh bien, croyez-le ou non : j’ai jamais osé le mettre. Jamais. Il est encore neuf, flambant même.
C’est là que je m’interroge : pourquoi, quand il s’agit de faire péter les low, les collants violets ou la peau de lapin sur le dos, aucun problème, je ne me pose pas la question du regard de l’autre, alors que quand il s’agit de sport, je suis envahie d’une sorte de timidité mal placée qui me prive de mettre ce que je veux, ce qui me plaît, et qui finit par me faire rentrer dans le moule?
J’attends vos théories, les filles, parce que ce maillot, je l’aime, que dis-je, je l’adore, et ça m’arrangerait qu’il ne reste pas au fond de mon tiroir à maillots que je n’aurais pas l’occasion de vider avant l’été prochain ! Sacrebleu !
14:21 Publié dans psycho de fille | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
vendredi, 13 juillet 2007
ouvrez la parenthèse
Alors voilà, je voulais te souhaiter la bienvenue dans notre monde, ma petite Margaux. Il paraît que je suis ta marraine, et j’ai envie de remercier ta maman de ce choix judicieux : elle pouvait pas mieux tomber, parce que, ce que j’aime par dessus tout, c’est gâter les gens que j’aime. Et, si en plus, on m’attribue ce rôle de marraine-gâteau, c’est l’éclate assurée.
Donc ma chérie, si un jour, l’existence te paraît un peu lourde, que tu en as gros sur la patate, ou bien même si tu débordes de bonheur à un point que tu aimerais le faire savoir à la terre entière, saches, ma princesse, que ta marraine sera toujours là pour toi pour t’écouter, pour te rassurer, pour t’aimer.
Et je tenais également à adresser mes plus sincères félicitations à ta maternelle : H., si un jour tu me lis (parce que tu ne te doutes pas de l’existence de ce blog, en tous cas, pas encore…), eh bien, je voulais que tu saches que je t’aime de tout mon cœur.
Voilà, ceci était un message personnel, fin de la parenthèse.
09:30 Publié dans psycho de fille | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 11 juillet 2007
envies du moment
Je sais, je sais, je n’ai pas posté depuis quelques jours, mais croyez pas, hein, je ne suis pas (encore) partie en vacances. Non, juste une grande fatigue, le temps déprimant, l’envie d’ailleurs, de repos, de changement de décor.
Alors, nous qui ne devions pas partir cet été, qui devions profiter de nos vacances pour arranger un peu la maison, le temps et la mélancolie auront finalement eu raison de nos bonnes résolutions.
Les billets sont pris, dans 3 semaines, nous partons là :
Petite maison de pêcheur les pieds dans l’eau. Piles ce qu’il nous faut.
J’avais aussi envie de vous parler de mon blouson de cuir que j’aime de plus en plus. J’entends un peu partout que ce sera la pièce phare de l’automne et j’avoue que je m’étonne moi-même d’avoir devancé cette tendance, moi qui suis habituellement un vrai mouton…
09:18 Publié dans psycho de fille | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 08 juin 2007
mais où sont passées les gazelles?
L’autre jour, je suis allée déjeuner avec ma copine R., rencontrée quand j’étais au collège et pour qui j’ai un profond sentiment d’amitié, quasi-religieux. On se voit trop rarement, et, pourtant, à chaque fois que l’on se prévoit un dîner ou un déjeuner toutes les 2, on a toujours une foule de choses hypra-super-mega intéressantes à se raconter (genre « pfff ! ch’sais plus quoi faire de ma frangeuuuu ! tu préfères quoi, les barrettes ou les bandeaux ? », ou bien encore «hiiii ! j’adore tes shoes Darling ! tu les a trouvées où, hein, dis ? » ), toutes ces petites futilités qu’on ne peut assumer qu’entre très bonnes amies J.
Souvent, je me suis demandée pourquoi mes amies d’enfance ou d’étudiante sont aussi chères pour moi, alors que les copines rencontrées plus tard, dans le cadre du boulot ou par des connaissances, me sont, somme toute assez transparentes.
Je vous livre ici, maintenant, et en exclu mondiale, que dis-je, interplanétaire voire carrément intersidérale (Albator, mon amour, si tu m’entends, saches que j’en ai marre de courir sur l’herbe après ton vaisseau que jamais tu t’arrêtes et que tu te prends pour qui, à jamais accepter de me faire monter à bord ? non mais…) … houla, je me perds… donc, je disais que je vous livre mon analyse de la situation.
Les copines d’enfance et d’adolescence, on peut pas leur mentir, leur faire prendre des vessies pour des lanternes, les prendre pour des quiches, quoi ! parce qu’elles nous ont connue alors que l’on était une ado ingrate, en jean neige et chemise Chevignon, à baver sur le dernier imper Chipie ou à chialer notre mère quand Fréderic, ben il a préféré galocher cette s… de Juliette. Et puis, elles aussi, après tout, elles ont participé à notre cahier de textes rempli de petits poèmes que c’est pas mimi tout ça, d’ailleurs, c’est elles qui ont pris leur stylo à encre rose pour écrire « pourquoi n’a-t-on pas le droit d’aimer à 15 ans, alors que l’on a le droit de mourir à tout âge ? » (c’est vrai quoi ! c’est trop dure parfois la laïfe ;)).
Et puis, on a évolué ensemble, on s’est soutenues lors de ruptures difficiles (« t’inquiètes ma Poule, il sait pas ce qu’il perd ce gros con ! allez, viens, j’te paye une coupette, tiens ! »), elles ont été là pour notre mariage, témoin discret mais indispensable (« t’occupes pas des livrets de messe, je gère ! ») et pour la grossesse (« tu prends quoi pour la mater ? du naissance ou du 1 mois ? pfff ! j’suis paumée là-dedans, moi ! et j’me sens nulle ! et j’me sens grosse ! et j’ai envie de chialer, tiens ! »).
Bref, mes amies d’enfance, ce sont mes Compeed dans ma paire de stilettos : on peut toujours compter sur elles quand on est un peu écorchée (alors, là, j’en reviens pas de cette métaphore minable, mais allez, soyons déglingos, je la laisse !).
Viennent les amies de fac. Aaaaah ! les amies de fac avec qui on a fait la fête jusqu’au bout de la nuit, à aller se taper un steak/frites à 6H du mat’ dans la brasserie ouverte 24/24 qui pue le tabac froid…
Avec qui on a gloussé bêtement au fond de l’amphi quand le jeune et très désirable prof venait faire son cours.
Avec qui on a bossé les exams dans nos studios aux volets fermés pour pas voir le magnifique soleil du mois de mai que c’est juste dégueulâsse de faire passer les exams au mois de mai, que, c’est comme ça qu’ils font la sélection les pourris de profs…
Et dans les bras de qui on est tombé quand on a su que ce putain de concours, eh ben, on l’avait eu !
Oui, ces amies de fac, elles nous ont vue douter, s’enthousiasmer, dépérir puis renaître et c’est peut être un peu grâce à elles qu’on est devenue ce p’tit bout d’femme aujourd’hui.
Quant aux copines de quand-on-est-une-fâââââme, c’est différent. D’abord, j’ai remarqué qu’elles ne me regardent jamais la première fois ailleurs que dans le solitaire (ou l’alliance, c’est comme vous voulez), et puis, à la question « et tu fais quoi dans la vie ? » j’observe la réaction lors de ma réponse (genre les yeux qui brillent « oulala ! mais c’est un métier super fréquentable, ça ! ») et ça, ben j’aime pas. Parce que je sais qu’elle ne me parleraient pas pareil si j’étais caissière ou femme de ménage. Donc, ces filles-là, j’avoue que je m’en méfie comme une carpe devant un ver de terre qui pendouille au bout d’un crochet J.
Et vous, vos vrai(e)s ami(e)s, vous les avez rencontrés où ?
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